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Les femmes ont investi le métier de l’architecture, domaine qui semblait autrefois réservé à la gent masculine. Elles y excellent au même titre que les hommes. C’est le cas d’Ada Yaya Bocom, une architecte-urbaniste qui fait la fierté des femmes et du Burkina Faso.


Ada Yaya Bocoum : Une carrière d’architecte née d’une passion pour l’art

 Ada Yaya Bocom, architecte-urbaniste, a pu se frayer un chemin dans le domaine et a créé son agence d’architecture, « Africa Etudes », qui emploie plus d’une demi-douzaine de personnes. Entre obligations familiales et engagement professionnel, elle arrive à tirer son épingle du jeu et à honorer ses contrats dans le strict respect des règles.

« J’ai trouvé le travail d’architecte très intéressant après une rencontre avec un architecte. Au départ, j’étais plutôt intéressée par le métier de styliste ». C’est avec ce petit aveu qu’Ada Yaya Bocoum explique comment elle est arrivée à l’architecture. Quand elle s’est rendue compte qu’elle pouvait réaliser un espace de vie à travers ses propres pensées et permettre aux gens d’y habiter, elle s’est laissée fasciner. Ainsi après le baccalauréat, Ada Yaya Bocoum choisit d’aller étudier l’architecture et l’urbanisme notamment la construction des maisons.

Cela deviendra par la suite une passion pour elle qui était intéressée par les métiers touchant à l’art. L’art faisant partie de l’architecture, Ada Yaya Bocoum se retrouve dans son élément. Elle poursuit ses études avec détermination, entame une carrière d’architecte et crée en 2010 sa propre entreprise, Africa Etudes. Après quelques années de dur labeur, elle parvient à se faire une place dans le domaine. Ces années de travail lui ont permis de se faire une notoriété dans le milieu. Et aujourd’hui, elle assure la vice-présidence du Conseil de l’ordre des architectes du Burkina.

Femme modèle…

C’est bien connu, les femmes sont multitâches. Ada Yaya Bocoum profite bien de cette prédisposition. Elle porte ainsi deux casquettes : architecte et urbaniste. Elle explique que l’architecte travaille sur des petites portions de terre, tandis que l’urbaniste, lui, travaille sur de grandes superficies. Il est notamment chargé de "prédire" comment la ville va se comporter, évoluer. « Il va faire un découpage pour départager les zones d’habitation, les écoles, les marchés, les centres de santé à proximité », décrit-elle, tout en précisant que cela doit être contenu dans un plan défini par l’urbaniste qui se base sur les données démographiques, géographiques, topographiques, pour faire un parcellaire et définir un cahier de charges pour la bonne exploitation des zones urbaines.

C’est à la suite de cela qu’intervient le travail de l’architecte qui fait le projet de construction de la maison ou du bâtiment en fonction du cahier des charges.
Chaque jour, depuis dix ans, Ada Yaya Bocoum et son équipe montent au charbon pour le respect de leurs engagements envers la clientèle. Et cela dans le strict respect des règles du métier et de la rigueur pour un travail bien fait. Et ce n’est pas Kader Ouédraogo, ingénieur en génie-civil et superviseur à Africa Etudes qui dira le contraire. Il se demande comment sa patronne arrive à tenir car toujours au four et au moulin, même en dehors des heures de bureau.

« J’estime que c’est une femme très battante. Je me demande souvent comment elle arrive à s’en sortir. On a l’impression qu’elle ne se fatigue pas, toujours au charbon. C’est une femme modèle », confie Kader Ouédraogo. En plus de son amour pour le travail bien fait, Ada Yaya Bocoum accorde beaucoup d’intérêt à la carrière professionnelle de ses agents. Et cela est perceptible dans son implication dans leurs différents travaux d’architecte pour postuler aux différents concours.

Entre réunions de bureau, visites de chantier et suivi des appels d’offre, les journées d’Ada Yaya Bocoum sont amplement remplies. Mais elle ne néglige pas pour autant sa vie de famille auprès de laquelle elle se ressource quotidiennement. Malgré un agenda chargé, elle arrive à trouver le juste milieu pour être présente pour sa famille qui la soutient depuis le début.

Difficultés liées au recouvrement

Toutes ces réalisations ne se sont pas faites sans difficultés. En effet, c’est par sa détermination, sa combativité et sa patience qu’Ada Yaya Bocoum a réussi à se faire une place dans le monde de l’architecture au Burkina. Aujourd’hui, elle intervient dans les grandes villes comme Ouagadougou, Koudougou, Bobo-Dioulasso et Fada N’Gourma. Les rapports entre Ada Yaya Bocoum et certains de ses clients n’ont pas toujours été faciles. En effet, en tant que femme, elle a eu du mal à se faire accepter comme architecte par des potentiels clients. « A cause de ma petite taille, il est déjà arrivé que sur un chantier, on demande où est l’architecte, alors que j’étais déjà là », plaisante-t-elle.

Elle n’oubliera également pas de si tôt ce coup de fil d’un client. « Une fois, un homme m’a appelée au téléphone et a demandé à parler à l’architecte. Je lui ai dit que c’était moi l’architecte. Et il a insisté en disant qu’il voulait parler à l’architecte et non à son épouse. Puis il a raccroché », confie-t-elle, tout en regrettant le fait que des hommes refusent toujours d’accepter que les femmes puissent exercer certains métiers.

A cela s’ajoutent ses difficultés liées au recouvrement de ses factures. En effet, selon ses dires, il y a des clients qui prennent le malin plaisir de faire traîner le paiement de leur facture en prétextant qu’en tant que femme, elle n’avait pas besoin d’argent d’urgence.

En s’appuyant sur sa conviction qu’elle peut se démarquer dans ce milieu par son travail, elle brave toutes ces difficultés. Et elle invite les femmes à ne jamais baisser les bras dans la réalisation de leur entreprise. « Je conseille aux femmes qui hésitent encore à se lancer dans l’entrepreneuriat, de le faire. Tout commence par un premier pas. Il faut persévérer dans sa démarche et avoir toujours de la patience dans la réalisation de ses objectifs ».

(Source : Judith SANOU-Lefaso.net)

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