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La saison des pluies rime avec reboisement au Burkina Faso. Des particuliers et des organisations profitent de la régularité des pluies pour planter des arbres. Augustin Wanéweogo, technicien du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), pépiniériste et aménagiste à Ouagadougou, donne des conseils pour mieux boiser et entretenir les plantes aux lecteurs de Lefaso.net.

Augustin Wanéweogo à propos des reboisements au Burkina : « Les plantes, c’est comme les animaux. Elles ont besoin de boire et de se nourrir »

La saison des pluies rime avec reboisement au Burkina Faso. Des particuliers et des organisations profitent de la régularité des pluies pour planter des arbres. Augustin Wanéweogo, technicien du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), pépiniériste et aménagiste à Ouagadougou, donne des conseils pour mieux boiser et entretenir les plantes aux lecteurs de Lefaso.net.

Lefaso.net : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Augustin Wanéweogo : Je suis un technicien du CNRST depuis 1994. Je produis les plantes et je suis formateur des groupements et associations. J’encadre aussi des étudiants et des élèves forestiers avec qui je profite pour améliorer mes connaissances. Nous réalisons aussi des études de terrain pour ceux qui ont des projets de vergers. Je suis donc pépiniériste, aménagiste et paysagiste.

Est-ce qu’il y a de l’engouement autour de l’achat des plantes en ce moment ? Qui sont vos meilleurs clients ?

Il n’y a pas assez d’engouement. Mais nous recevons des commandes de grandes quantités avant la saison des pluies.

Quels sont les types de plantes les plus demandés ?

Les gens préfèrent beaucoup les manguiers, surtout les manguiers gouverneurs, les goyaviers, les tangélos, les citronniers, les mandarines, les clémentines, les tangors (couramment appelé 4 saisons), les papayers. Ceux qui ont des vergers s’intéressent aux lianes pour faire des haies-vives. Certains préfèrent les acacias nilotica. Les choix se font en fonction des terrains et des préférences des clients. D’autres préfèrent des manguiers ordinaires pour bénéficier de ses fruits et de son ombre. En plus, ces dernières années, plusieurs personnes s’intéressent au baobab.

Les plus demandées sont les plantes fruitières. Quand les gens vont demander des fleurs pour l’embellissement ou mettre du gazon, c’est généralement pendant les périodes des fêtes, en décembre. Chaque pépiniériste a sa particularité. Moi par exemple, je m’intéresse aux plantes locales et aux plantes en voie de disparition. Je ne produis pas beaucoup de fleurs. Je produis beaucoup le karité, le moringa, le tamarinier, le néré, le baobab,...

Comment faut-il planter ?

Il faut respecter l’écartement des plantes selon les espèces. Par exemple, les manguiers doivent avoir 10 mètres d’écart pour une bonne croissance. Les trous doivent avoir une profondeur de 60 cm et un diamètre de 60 cm ou 80cm sur 80cm. Si le terrain est caillouteux, il faut aller à un mètre de profondeur sur un mètre de diamètre et remettre la première couche de terre à l’intérieur du trou avant de planter.

Après la plantation, comment entretenir les plantes ?

Les plantes c’est comme les animaux. Quand tu les oublies, elles meurent. Elles ont besoin de boire et de se nourrir. Elles ont également besoin de traitements. Il est possible de faire un traitement biologique ou un traitement chimique. Il y a des plantes dont le traitement se fait avant la floraison et d’autres, pendant la floraison. Il faut toujours s’adresser aux pépiniéristes ou aux forestiers pour avoir des conseils.

Souvent, on constate des insectes à l’intérieur des fruits. Et beaucoup pensent que ces insectes ont percé les fruits pour y entrer. Non, ce n’est pas le cas. Quand la plante commence à fleurir, c’est en ce moment que les insectes pollinisateurs viennent pondre dans les fleurs. Les fleurs vont se refermer sur ces œufs jusqu’à leur maturation qui va coïncider avec la maturation des fruits de l’arbre. Les petits insectes vont éclore et chercher à respirer en sortant des fruits. En ce moment, on ne peut plus rien faire. Pour ces types de plantes, il faut commencer le traitement pendant la floraison.

Des deux traitements -biologique et chimique- évoqués, lequel préférez-vous et pourquoi ?

Je préfère le traitement biologique, parce que ce type de traitement protège le sol. Les herbicides détruisent le sol. J’avais conseillé d’utiliser la première couche de terre pour remplir le sol avant de planter. Mais si vous le faites alors que ce sol a déjà reçu de l’herbicide chimique, l’arbre va mourir.

Quels conseils pouvez-vous donner à nos lecteurs en matière de plantation ?

Nous conseillons de consulter les pépiniéristes avant de planter. Ils savent comment apporter des conseils. Il ne suffit pas seulement de planter beaucoup d’arbres et de donner dos. Il est préférable de planter par exemple 200 ou 300 plantes que l’on peut bien entretenir au lieu d’en planter 3 000 qui vont échouer. J’insiste également sur la manière de creuser les trous. Que les gens fassent de bons trous avant de planter.

Il y a des personnes qui, dès qu’elles achètent un terrain, coupent tous les arbres qui s’y trouvent. L’idéal, c’est de se faire accompagner par des forestiers, parce qu’il y a des espèces protégées. Le constat est déplorable. Prenons l’exemple du karité, c’est une espèce qui prend plusieurs années avant de produire. Mais, les gens les abattent en disant qu’ils vont replanter d’autres arbres sans une assurance d’entretien. Pourtant ceux abattus s’étaient débrouillés avec la nature pour survivre.

Nous les adultes, nous sommes irrécupérables en matière d’environnement. Donc, ce que j’ai envie de demander, c’est d’insérer la plantation des arbres dans l’éducation des enfants. Que les enfants puissent savoir comment faire des pépinières. Que les enfants fassent des sorties de terrain pour apprendre sur l’arbre. Quand les enfants apprennent, ils comprennent vite et ils appliquent.

 

(Source : Yidalawala Isaac Ki-Zerbo (Stagiaire)-Lefaso.net)

Last modified on Monday, 23 August 2021

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