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1148 élèves, tous du primaire et du secondaire, ont déposé leurs cahiers et stylos au cours de l’année 2020-2021. La raison est toute simple. L’école n’est plus pourvoyeuse d’emplois. Parcourir de longues distances ou traverser des frontières, avec tous les risques possibles, serait plus facile pour les élèves d’Andemtenga (province du Kouritenga, région du Centre-Est) que poursuivre la route de l’école. Ce sont des enseignants et parents d’élèves désemparés que nous avons rencontrés dans cette commune rurale située à une quinzaine de kilomètres de Koupéla. Ils nous expliquent le problème.

Andemtenga (province du Kouritenga) : Plus de 1100 élèves abandonnent l’école au profit de l’or

830 élèves au primaire et 318 élèves dans les lycées et collèges, tous sexes confondus ; ce sont là, les chiffres qui laissent la communauté éducative d’Andemtenga dans l’angoisse. Des enfants de 10, 11, 12 ans quittent leur village pour aller en Guinée, au Mali et en Côte d’Ivoire. « Monsieur le journaliste, merci beaucoup de venir nous faire dire ce que nous avions envie de dire il y a très longtemps. Ou encore, nous ne savons pas à quel saint nous vouer », ce sont les termes du président des parents d’élèves de l’école Andemtenga A venu à notre rencontre. Bila Kaboré, mécontent, affirme : « Les élèves n’aiment plus l’école. Nos enfants de CM1 et CM2 abandonnent l’école en pleine composition pour aller à la recherche d’un bonheur incertain. »

Agir au plus vite

Pour le président APE, les élèves sont les premiers responsables. Les parents viennent en deuxième position. Il appelle les autorités à agir au plus vite. « Ceux qui partent à l’aventure minière ont un âge compris entre 10 et 25 ans », selon un habitant de la localité. Bernard Naré, élève en classe de troisième d’ajouter : « J’ai des camarades qui ont quitté l’école et une année après ils sont revenus dans la cour de l’école pour présenter leurs motos. Cela crée des envies. »

Raogo Ima, directeur de l’école de Doundoudougou, a enregistré 34 abandons (18 garçons et 14 filles) dans son école. Pour lui, les causes sont profondes : les enfants abandonnent leur tenue scolaire pour chercher de l’or et de l’emploi en ville. Pour lui, les parents sont complices. Et cela s’explique par l’extrême pauvreté et l’ignorance : « Les parents et les enfants n’ont plus confiance en l’école. Ils ont perdu l’espoir puisqu’ils ne connaissent plus les bienfaits de l’école ».

Pour l’enseignant, le sacrifice de l’éducateur est mis à rude épreuve. « Je suis découragé de voir que ce sont nos meilleurs élèves qui abandonnent en pleine année scolaire ». Il continue en disant que le gouvernement doit revoir le système éducatif car les enfants veulent ce qui rapporte à l’instant, immédiatement.

Le maire d’Andemtenga, Seydou Kaboré ne cache pas son désarroi : 1148 abandons pour l’année scolaire 2020-2021 est un choc pour sa commune. L’orpaillage et le goût de l’aventure sont les causes profondes de l’abandon scolaire. Pour le bourgmestre, le taux d’abandon est en permanente augmentation. En plus de l’abandon, il y a un trafic d’enfants qui ne dit pas son nom, selon M. Kaboré. Il invite l’État à augmenter les postes de contrôle. Pour les parents complices, le maire est favorable à des sanctions.

L’abandon scolaire a des conséquences

Selon un spécialiste de l’éducation au Kouritenga, il existe beaucoup de conséquences. Des morts brutales sur la route du voyage dues à la distance, des décès dans les sites d’orpaillage et des maladies contractées. « Nous avons peur car nous ne savons pas ce que deviendront nos enfants demain. Beaucoup d’enfants meurent dans les sites d’orpaillage. Il y a des enfants qui reviennent bredouilles et ne veulent plus reprendre l’école. Il y a un trafic d’enfants avec ses conséquences », déplore le maire.

De nombreux éducateurs se demandent : quel réseau convoie ces enfants du village vers d’autres pays ? Combien d’enfants sont recrutés de façon clandestine avec la bénédiction ou non de leurs parents ?

Tant que les acteurs de l’éducation ne viendront pas leur secours, disent-ils, pour trouver des solutions durables, l’avenir de la commune d’Andemtenga sera sombre. Comme l’a dit Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde.

(Source : Gérard BEOGO-lefaso.net)

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